Un long fil soyeux blanc accroché en haut de votre pin ? C'est un nid de chenilles processionnaires. Pourquoi elles sont dangereuses pour vos enfants et vos animaux, comment reconnaître l'infestation, et toutes les méthodes pour vous en débarrasser durablement dans les Pyrénées-Orientales.
Mis à jour le 20 juin 2026 · Lecture 10 minutes

Chaque hiver, le même réflexe d'inquiétude chez nos clients du Roussillon : « j'ai des grosses boules de coton blanc dans mon pin, c'est grave ? ». Oui, ça l'est. Ces nids soyeux abritent la chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa), l'un des insectes les plus problématiques du pourtour méditerranéen. Dans les Pyrénées-Orientales, où le pin d'Alep est partout — jardins, lotissements, bords de routes, littoral — les infestations sont fréquentes et le risque sanitaire est réel, pour les humains comme pour les animaux. Voici tout ce qu'il faut savoir, et surtout quoi faire.
La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est la larve urticante d'un papillon de nuit qui infeste les pins des Pyrénées-Orientales — pin d'Alep en tête — et dont les poils microscopiques provoquent des réactions cutanées, oculaires et respiratoires, même sans contact direct. Le nid d'hiver, poche de soie blanche en bout de branche, est visible de décembre à février ; la procession au sol, phase la plus dangereuse pour les enfants et les chiens, a lieu de février à avril, parfois dès janvier sur le littoral du 66. La lutte efficace combine plusieurs méthodes selon la saison : Bacillus thuringiensis en septembre-octobre, échenillage mécanique des nids en hiver, écopiège sur le tronc en janvier-février et pièges à phéromones en été. Depuis le décret du 27 avril 2022, le traitement peut être rendu obligatoire par arrêté municipal ou préfectoral. Devis gratuit sous 72 h au 06 26 01 78 79.
C'est la larve d'un papillon de nuit discret. Son nom vient de son comportement le plus spectaculaire : au sortir de l'hiver, les chenilles quittent leur nid en file indienne, tête contre abdomen, formant une procession qui peut atteindre plusieurs mètres. Cette colonne descend le long du tronc puis chemine sur le sol à la recherche d'un endroit meuble où s'enfouir pour se transformer en papillon.
Les chenilles vivent en colonies de plusieurs centaines d'individus dans un nid d'hiver caractéristique : une poche de soie blanche, dense, accrochée à l'extrémité des branches, généralement orientée plein sud pour capter la chaleur. C'est ce nid, visible de loin, qui trahit l'infestation.
Au-delà du danger pour la santé, ces chenilles sont aussi de redoutables défoliatrices : une colonie active dévore les aiguilles d'un pin et peut, en quelques saisons, affaiblir durablement l'arbre, le rendre plus vulnérable aux autres parasites et au stress hydrique estival si caractéristique du climat des Pyrénées-Orientales.
Le vrai problème, ce ne sont pas les mandibules de la chenille mais ses poils urticants. Chaque chenille au dernier stade de développement porte jusqu'à plusieurs centaines de milliers de poils microscopiques en forme de harpon. Sous l'effet du stress, elle les libère dans l'air. Ces poils contiennent une protéine très allergène, la thaumétopoéine.
Les réactions les plus fréquentes :
Les enfants, qui jouent au sol et touchent facilement les chenilles en procession, sont particulièrement exposés. En cas de réaction marquée, ne frottez pas, retirez les vêtements contaminés avec des gants, rincez abondamment et consultez un médecin.
S'il y a une chose à retenir de cet article, c'est celle-ci. Le chien est la première victime de la chenille processionnaire. Curieux, il flaire et lèche les chenilles qui cheminent au sol pendant la procession de fin d'hiver. Le contact des poils urticants avec la langue et la muqueuse buccale déclenche une réaction foudroyante.
Les signes apparaissent en quelques minutes : salivation excessive, langue gonflée, refus de s'alimenter, abattement. Sans prise en charge rapide, les zones touchées de la langue se nécrosent et peuvent se détacher, avec à la clé une amputation partielle de la langue, voire un pronostic vital engagé.
On ne lutte efficacement que si l'on connaît le calendrier biologique de l'insecte. Le cycle s'étale sur près d'un an :
Détail important du 66 : la douceur du climat méditerranéen peut décaler et allonger ces périodes. Sur le littoral, on observe parfois des processions précoces dès janvier lors d'hivers doux. Le suivi visuel local prime toujours sur le calendrier théorique.
Trois indices ne trompent pas :

Dès qu'un nid est repéré, mieux vaut agir vite : plus la colonie grossit, plus la procession printanière sera fournie et le risque élevé.
Il n'existe pas de solution miracle unique : la lutte efficace combine plusieurs méthodes selon la saison et le niveau d'infestation. Voici la palette professionnelle.
La méthode la plus directe : on coupe les rameaux porteurs de nids puis on les détruit par brûlage contrôlé. Réalisé en hiver, quand les nids sont bien visibles et les chenilles regroupées à l'intérieur la journée. Comme les nids sont presque toujours en hauteur, l'opération exige une grimpe ou une nacelle et un équipement de protection intégral. C'est radical et immédiat sur les arbres accessibles.
Le Bacillus thuringiensis est une bactérie naturelle, sélective, qui ne s'attaque qu'aux jeunes chenilles. Pulvérisée sur le feuillage à l'automne quand les chenilles viennent d'éclore et se nourrissent, elle bloque leur digestion. Respectueuse des autres insectes et des pollinisateurs, c'est la solution préventive la plus écologique — mais elle impose un bon timing et du matériel de pulvérisation en hauteur.
Un dispositif posé en ceinture autour du tronc qui intercepte les chenilles lors de leur descente en procession et les canalise vers un sac de collecte. Très utile sur un pin isolé en zone résidentielle, surtout là où enfants et animaux fréquentent le pied de l'arbre. Se pose avant la procession, en fin d'hiver.
Posés en été, ils diffusent l'hormone sexuelle de la femelle pour capturer les papillons mâles et réduire la reproduction. Outil de suivi et de régulation sur le long terme plutôt que de destruction immédiate : ils permettent de mesurer la pression d'infestation année après année.
La mésange est l'un des rares oiseaux à consommer les chenilles malgré leurs poils ; la huppe fasciée, fréquente dans le 66, s'attaque aux nymphes enfouies. Installer des nichoirs à mésanges est un complément durable et gratuit à toute stratégie de lutte.
| Période | Méthode recommandée |
|---|---|
| Juillet-août | Pose des pièges à phéromones (capture des papillons mâles) |
| Septembre-octobre | Pulvérisation de Bacillus thuringiensis sur jeunes chenilles |
| Décembre-février | Échenillage mécanique des nids visibles + brûlage |
| Janvier-février | Pose des écopièges sur le tronc, avant la procession |
| Toute l'année | Nichoirs à mésanges, contrôle visuel régulier des pins |
Le statut de la chenille processionnaire a changé. Le décret n° 2022-686 du 27 avril 2022 l'a classée parmi les espèces nuisibles à la santé humaine, en application du Code de la santé publique. Concrètement, cela donne aux maires et aux préfets le pouvoir de définir des mesures de lutte et de prévention, qui peuvent être rendues obligatoires par arrêté sur certaines zones.
Plusieurs communes du 66, confrontées à de fortes infestations de pins en zone habitée, ont déjà pris des arrêtés en ce sens. En présence d'un arrêté, c'est au propriétaire de l'arbre qu'incombe le traitement. Par ailleurs, au titre du trouble anormal de voisinage, un pin infesté qui contamine la propriété voisine peut engager votre responsabilité. Le réflexe : se renseigner en mairie sur l'existence d'un arrêté local avant d'arbitrer.
On comprend la tentation de couper soi-même un nid à la perche. C'est une mauvaise idée pour trois raisons :
Chez Vertical Élagage, élagueur grimpeur à Perpignan, on intervient sur les pins infestés de tout le 66 — de Perpignan à Argelès en passant par Cabestany : accès en grimpe ou nacelle, échenillage sécurisé, conseil sur la stratégie annuelle (Bt, écopiège, pièges) et, si l'arbre est trop atteint ou mal placé, abattage et évacuation. Tout cela avec assurance, facture et équipement de protection adapté.
La chenille processionnaire du pin n'est pas un simple désagrément esthétique : c'est un danger sanitaire avéré pour votre famille et vos animaux, et un affaiblissement réel pour vos pins. Dans le 66, où le pin d'Alep règne, l'infestation est quasi systématique sans suivi. La bonne approche est de combiner les méthodes au fil de l'année et de ne jamais manipuler nids ni chenilles à mains nues. Au moindre nid blanc dans un pin, un diagnostic professionnel vaut toujours mieux qu'un printemps à risque.
Oui. Chaque chenille porte des dizaines de milliers de poils urticants qui libèrent la thaumétopoéine, très allergène. Passer sous un pin infesté, sans contact direct, peut provoquer démangeaisons, plaques rouges, conjonctivite, voire gêne respiratoire. On ne touche jamais une chenille ni un nid à mains nues.
Urgence vétérinaire absolue. Les poils provoquent une nécrose de la langue pouvant mener à l'amputation, voire au décès. Rincez la gueule à l'eau claire sans frotter et filez chez le vétérinaire immédiatement. Les chiens sont les premières victimes car ils flairent les chenilles au sol pendant la procession.
Selon la méthode : échenillage mécanique en hiver (décembre-février) quand les nids sont visibles ; Bacillus thuringiensis à l'automne sur les jeunes chenilles ; écopiège sur le tronc en fin d'hiver avant la procession ; pièges à phéromones en été pour capturer les papillons mâles.
Fortement déconseillé. Les nids sont en hauteur (grimpe ou nacelle) et les poils urticants restent actifs même sur un nid vide. Un échenillage mal fait disperse les poils et vous expose gravement. C'est un travail pour un professionnel équipé (combinaison étanche, masque FFP3) qui détruit ensuite les nids par brûlage contrôlé.
Depuis le décret du 27 avril 2022, elle est classée espèce nuisible à la santé humaine, ce qui permet aux maires et préfets d'imposer la lutte par arrêté. Plusieurs communes du 66 le font déjà. En cas d'arrêté, le propriétaire est responsable du traitement de ses arbres : renseignez-vous en mairie.
Aucune méthode unique n'est efficace à 100 %. La meilleure stratégie combine plusieurs leviers sur l'année : Bt à l'automne, échenillage des nids en hiver, écopiège au moment de la procession, et nichoirs à mésanges. Sur un pin isolé en zone résidentielle, échenillage + écopiège donne déjà d'excellents résultats.
Oui, tant que des pins hôtes sont à proximité. Le papillon vole en été et pond sur les aiguilles ; les chenilles se développent l'automne et l'hiver suivants. Sans intervention, l'infestation s'amplifie d'année en année. Un suivi annuel (pièges + contrôle visuel) casse le cycle durablement.
Tous les pins : pin d'Alep (très fréquent dans le 66), pin noir, pin sylvestre, pin maritime, pin parasol. Les cèdres peuvent aussi être attaqués. Dans les Pyrénées-Orientales, le pin d'Alep, omniprésent dans les jardins et sur le littoral, est le principal foyer.
Échenillage sécurisé, conseil sur la stratégie annuelle, abattage si nécessaire. Tout le 66, devis gratuit.